Cris et chuchotements d’Ingmar Bergman
4 March 2008
La cinémathèque de Toulouse nous accueille en ce début mars par une présentation croisée de quelques grands films de deux grands maîtres du cinéma morts récemment le même jour : Ingmar Bergman et Michelangelo Antonioni. Le destin de ces deux cinéastes qui furent souvent comparés les aura donc lié jusque dans la mort.
« Cris et Chuchotements » est certainement un des grands films de Bergman. Il est construit comme un face à face entre quatre femmes : trois sœurs et une servante.
Agnès, l’aînée se meurt d’un cancer dans son beau manoir. Karin et Maria, ses deux sœurs, sont venues pour l’assister.
Ce qui pourrait être l’occasion de vivre des moments d’intense complicité amoureuse se transforme en cauchemar car justement ce que révèle ce dense huis clos est l’absence de véritable amour entre ces êtres.
Seule Anna, la servante, sait donner sans retour. Après la mort d’Agnès, elle ne voudra pour tout cadeau que son journal intime, un objet n’ayant aucune valeur marchande.
La force du film est de mettre en évidence cette carence de sentiments là où l’on devrait le plus sûrement les trouver: en ce lieu où les relations sont les plus intimes et les plus fortes qu’est la famille.
Du fond de son intense souffrance que souligne les images monochromes rouges, Agnès appelle ses deux sœurs et ne trouve qu’une affection de façade. Karin se révèle être une femme froide et dure tandis que Maria n’est au fond qu’une personne frivole et légère.
La caméra virtuose de Bergman nous offre d’admirer un superbe travail d’actrices avec trois des grandes égéries du cinéaste : Harriet Andersson dans le rôle d’Agnès, Ingrid Thulin dans celui de Karin et Liv Ullmann dans celui de Maria.
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