Paranoid Park de Gus Van Sant
18 December 2007Comme dans « Elephant », « Paranoïd Park » reprend le thème central de l’œuvre cinématographique de Gus Van Sant, le monde des adolescents au seuil de l’âge adulte
un adolescent livré à lui-même…

C’est une adolescence livrée à elle-même que filme Van Sant et qui se retrouve, pour se sentir exister, dans des lieux publics comme Paranoid Park, qui est en fait un circuit de skate.
Van Sant analyse la dérive de cet adolescent confronté à un sentiment de culpabilité dans un monde où les liens traditionnels de la famille et des institutions ne fonctionnent plus.
…qui refuse d’affronter la vie
On peut penser que le choix du skate par Van Sant à valeur de métaphore.
Faire du skate symboliserait l’ attitude générale des adolescents
qui affrontent le monde des adultes en glissant dessus mais sans y entrer véritablement.
La solitude et des parents inexistants
Alex se sent très seul. Comme toujours chez Van Sant, les adultes sont inexistants. C’est ce passage délicat que Van Sant reprend et analyse inlassablement dans tous ses films depuis Mala Noce (1985), My Own Private Idaho (1991 avec le premier grand rôle pour Keanu Reeves) , Gerry (2002) et Last Days (2005, les derniers jours de Kurt Cobein chanteur du groupe grundge Nirvana).
Gus Van Sant reçut il y a quelques années la récompense suprême à Cannes avec « Elephant » inspiré de la tuerie de Colombine
Alex souffre de la séparation récente de ses parents. La mère comme le père pris individuellement, nous apparaissent comme des personnages peu consistants. Dans la scène où l’on voit le père, Van Sant choisit d’ailleurs de le filmer au début de façon floue. Ensuite, l’image se précise et l’on voit un homme assez quelconque, à l’allure plutôt vulgaire, avec de gros tatouages sur les bras qui ne sont pas du meilleur effet. On voit également la mère, dans une scène avec le jeune frère d’Alex, parler à son fils tout en regardant en fait la télévision (l’écran est vu en reflet).
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